Dans un marché immobilier en ralentissement, des propriétaires français confrontés à l’échéance de leur prêt-relais partagent avec Franceinfo leurs luttes pour vendre leur logement. Claire, une ancienne employée de l’industrie pharmaceutique, a souscrit à un prêt-relais de 340 000 euros en plus d’un crédit immobilier de 118 000 euros pour financer son déménagement en Isère depuis Lyon. Un an et demi plus tard, malgré une baisse significative du prix de vente de sa maison, elle n’a toujours pas trouvé d’acheteur et vit dans une anxiété constante.
Le prêt-relais, souvent utilisé pour financer un nouveau logement en attendant la vente de l’ancien, est devenu un fardeau pour beaucoup dans le contexte actuel de hausse des taux d’intérêt et de durcissement des conditions d’accès aux crédits immobiliers. Le nombre de transactions immobilières a chuté de près de 20% entre septembre 2022 et septembre 2023. Claire, comme d’autres, se retrouve dans une situation difficile, avec des acheteurs potentiels se retirant faute de financement ou proposant des offres bien inférieures au prix demandé.
Muriel, une autre propriétaire, fait face à des difficultés similaires pour vendre son appartement aux portes de Paris. Malgré plusieurs baisses de prix, le couple n’a reçu que peu de visites, attribuant le problème à la taille de l’appartement et aux restrictions budgétaires des acheteurs.
Cécile Roquelaure, directrice des études pour le courtier Empruntis, souligne l’importance d’une bonne estimation du bien et d’une stratégie de vente adaptée. Elle conseille de bien étudier le marché et d’être prêt à ajuster le prix si nécessaire. En cas de difficultés, elle recommande de discuter rapidement avec la banque pour trouver des solutions, comme rallonger la durée du prêt-relais.
Les banques sont devenues plus prudentes dans l’octroi de prêts-relais, resserrant les montants financés et exigeant parfois un compromis de vente préalable. Les emprunteurs, quant à eux, se sentent souvent isolés et démunis face à leur situation.
Le gouvernement et la Banque de France ont annoncé des assouplissements des règles encadrant le crédit immobilier, mais ces ajustements ne modifient pas fondamentalement les conditions d’emprunt actuelles.



