L’hydrogène se veut le salut de la combustion interne. Dans un avenir multi-technologique, l’hydrogène pourrait être le parfait substitut à l’essence, et de grandes marques comme Toyota misent sur ce carburant comme alternative à la voiture électrique. Dans le monde des motos, Honda, Suzuki, Yamaha et Kawasaki se sont associés pour former le consortium HySE, dont le premier résultat est la Kawasaki H2 SX HySE. Il s’agit de la première moto à hydrogène entièrement fonctionnelle et nous avons déjà vu le premier prototype sur la route.
Kawasaki révolutionne l’industrie avec un moteur 2 temps turbo : la fin de l’hydrogène ?
La moto en question est un avant-goût d’une technologie qui n’en est qu’à ses balbutiements. Basée sur la déjà grande H2 SX, cette Kwasaki à hydrogène possède deux énormes réservoirs d’hydrogène en guise de « sacoches ». Bien que le reste de la moto puisse passer pour une moto de tourisme légèrement surdimensionnée, les énormes réservoirs sont nécessaires en raison de la faible densité de l’hydrogène : en stocker suffisamment pour donner au véhicule en aval une bonne autonomie nécessite de grands réservoirs, pressurisés à haute pression.*
Une révolution technologique
La Kawasaki H2 SX HySE utilise deux grands réservoirs d’hydrogène fixés sur les côtés, nécessaires pour stocker suffisamment de carburant tout en maintenant une autonomie acceptable. Ce moteur brûle directement l’hydrogène dans ses chambres de combustion, contrairement aux piles à combustible qui génèrent de l’électricité.
- Réservoirs : Grands mais légers, pressurisés pour stocker l’hydrogène.
- Combustion : Directe de l’hydrogène, pas de conversion en électricité.
Le moteur de la H2 SX HySE conserve la configuration suralimentée de la H2 SX traditionnelle, avec un moteur quatre cylindres d’un litre développant 200 CV. La suralimentation est essentielle pour assurer une combustion efficace de l’hydrogène, nécessitant une relation stœchiométrique de 34 à 1.
- Puissance : 200 chevaux.
- Suralimentation : Essentielle pour la combustion de l’hydrogène.
- Relation stœchiométrique : 34 parties d’oxygène pour une partie d’hydrogène.
Le principal avantage du moteur à hydrogène est l’absence d’émissions polluantes, produisant uniquement de la vapeur d’eau à l’échappement. Cela représente une avancée significative dans la lutte contre les émissions de CO2 et la pollution atmosphérique.
- Émissions : Zéro CO2, uniquement de la vapeur d’eau.
- Impact environnemental : Réduction significative des gaz à effet de serre.
Défis technologiques et logistiques
Malgré ses avantages, la technologie de l’hydrogène présente plusieurs défis. Le coût de production, l’infrastructure de ravitaillement et la production durable de l’hydrogène restent des obstacles majeurs à surmonter.
- Coût de production : Actuellement élevé.
- Infrastructure : Besoin de stations de ravitaillement adaptées.
- Production durable : L’hydrogène est souvent produit à partir de gaz naturel, nécessitant des méthodes plus écologiques.
Ces deux réservoirs sont toutefois légers et permettent au moteur de la Kawasaki H2 SX HySE de brûler de l’hydrogène au lieu de carburant. Il ne s’agit pas d’une moto à pile à combustible, mais d’une moto qui brûle directement l’élément chimique dans ses chambres de combustion. La moto conserve son moteur quatre cylindres d’un litre, suralimenté et entraîné par compresseur, qui développe 200 ch avec de l’essence conventionnelle. La suralimentation est nécessaire : pour que l’hydrogène brûle correctement, il faut un rapport stœchiométrique de 34 à 1.
Cela représente 34 parts d’oxygène pour une part d’hydrogène, soit plus du double du rapport stœchiométrique parfait pour l’essence, qui serait de 14 pour 1. Quoi qu’il en soit, le résultat final est un moteur qui a le même son et les mêmes performances qu’un moteur à essence, mais qui n’émet que de la vapeur d’eau à l’échappement. Il s’agit d’une technologie idéale, mais qui doit encore relever d’énormes défis en termes de coût, d’emballage mécanique et de disponibilité des stations de ravitaillement – ainsi que de production durable d’hydrogène, généralement obtenu en brûlant du gaz naturel.
Quoi qu’il en soit, il est encourageant de voir une moto équipée d’un moteur à hydrogène sur le circuit de Suzuka, et de rêver à un avenir où la combustion interne survivra à l’électrification.



