« Il faut refonder notre monde commun, lui donner un contenu. »

36 secondes

Tribunes
Il aura suffi de 36 secondes. 36 secondes pour que l’islamiste Merah tue Jonathan, Arié et Gabriel Sander et abatte à bout touchant la petite Myriam Monsénégo. 36 secondes pour semer la mort dans une école et abattre des enfants simplement parce qu’ils étaient juif.
A ce moment-là on a voulu croire que Merah était un monstre, un loup solitaire, une anomalie. Peut-être parce que ce qu’il avait fait était tellement horrible, tellement inenvisageable que miser sur la monstruosité c’était espérer qu’une telle horreur n’arriverait qu’une fois, c’était conjurer le sort. C’est peut-être la seule façon de comprendre notre aveuglement collectif et surtout notre absence de réaction.
La suite nous aura prouvé que l’aveuglement n’est pas une protection et que l’on ne protège personne en fermant les yeux sur l’horreur. Et surtout que Mohamed Merah n’était pas un cas isolé mais le produit d’une idéologie, l’islamisme. Une idéologie dont l’influence sur l’Islam était à la fois importante et croissante et fabriquait ce type d’assassin.
Depuis ? 
Depuis le sang n’a cessé de couler, de Paris à Nice, de Saint Etienne-du-Rouvray à Magnanville, Carcassonne, Trèbes, Conflans-Sainte-Honorine… La liste n’a cessé de s’allonger. La France est devenue terre de jihad et les massacres se sont accumulés. Et ce n’est pas un hasard. L’Europe est une cible et les gouvernements n’ont toujours pas pris la mesure de ce que cela implique.
Aujourd’hui encore, en pleine élection, certains partis font des appels du pied aux islamistes et reprennent leurs éléments de langage pour défendre le port du voile, faire croire à une persécution des musulmans sur notre sol, parler de racisme systématique et relayer la thématique de « l’islamophobie ». EELV et LFI sont à la pointe de ce mauvais combat, mais les Législatives qui s’annoncent devraient multiplier les appels du pied au clientélisme islamiste.
Aucun gouvernement n’a voulu regarder en face le lien entre islamisme et jihadisme et à chaque fois que cette idéologie teste notre capacité de réaction, c’est la faiblesse qu’elle rencontre. Comme dans le sport où le port du voile tente de s’imposer en compétition sans susciter autre chose que le déni.
Pire encore, beaucoup de ceux qui combattent l’islamisme sont menacés, une partie doit vivre sous protection, une jeune fille, Mila n’a aujourd’hui plus de vie et doit se cacher tandis que ses persécuteurs paradent, un enseignant Samuel Paty a été décapité et de plus en plus de professeurs se censurent.
Aujourd’hui ceux qui nous dirigent n’ont toujours pas pris la mesure de ce que nous affrontons et le sang ne peut que couler à nouveau car l’influence des islamistes, en islam comme en France et en Europe, ne cesse de s’accentuer. Avec cette influence grandit encore leur potentiel politique, l’électoralisme les nourrit et augmente encore leur pouvoir d’emprise sur leur communauté.
L’horreur de Toulouse nous a montré que les loups solitaires n’existaient pas : la famille de Merah était une famille d’islamistes, la religion, l’inculture et la violence étaient leur terreau. Il a été radicalisé également parce que Toulouse était un foyer actif du jihadisme qui a formé et radicalisé nombre de futurs soldats de l’EI. Merah a été « accompagné » pour devenir ce monstre. Des enregistrements entre son frère et sa mère, enregistrés dans la prison où le frère a été incarcéré, montrent que la mère est fière de ses fils, qu’assassiner des enfants est excusable puisqu’ils sont juifs et que pour elle, son fils est au paradis. Cet homme a évolué dans un imaginaire dont l’influence ne cesse de progresser. Il est représentatif d’un mouvement politico-religieux qui ne recule pas parce que seuls ces formes criminelles sont combattues. L’idéologie qui l’alimente, elle, est protégée.
Je n’ai jamais oublié les enfants de l’école Ozar Hatorah. J’ai encore honte d’avoir attendu le massacre de Charlie pour ouvrir les yeux sur ce qui s’était passé à Toulouse même si je sais que cet aveuglement était collectif, il me tourmente encore. Je ne supporte toujours pas d’entendre le récit de ces 36 secondes qui ont suffit pour que la barbarie s’installe chez nous. Elle n’est toujours pas repartie.
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