« Il nous faut choisir à présent la fermeté et l’affirmation. »

Standing ovation méritée

Tribunes
La standing ovation que l’Assemblée nationale a réservé à Manuel Valls était méritée et l’attitude de la La France insoumise et de son leaders les ont déconsidérés.
Passe encore que les députés de la LFI se comportent comme des gosses de sixième en déplacement scolaire, mais c’est la haine et la hargne qui déforme le visage de Jean-Luc Mélenchon qui le rend grotesque. Qui voudrait avoir pour représentant politique un troll qui ne contrôle plus son agressivité et se complait dans la parole violente ? 
 
Pendant que Jean-Luc Mélenchon lors de cette séquence démontrait qu’il n’a ni la dignité ni le sang-froid requis pour devenir un véritable homme d’Etat, nous perdons un homme qui, lui, en est un.
 
Manuel Valls n’a pas failli quand notre pays était attaqué dans sa chair. Parce que ce pays était fragilisé, il a refusé de plonger dans les eaux glacées du calcul politique et à tous ceux qui lui conseillaient de quitter au plus vite le gouvernement Hollande sous peine d’être carbonisé, il a répondu que parfois il fallait savoir faire son devoir, fusse-t’il au détriment de son avenir. Il n’ignorait pas que pour sa carrière il eut dû démissionner. Il ne l’a pas fait. Je connais peu d’hommes ou de femmes politiques qui en ait fait autant. Cela lui vaut tout mon respect.
 
En attendant nous perdons un homme d’Etat alors qu’en la matière, le champ politique se réduit à Waterloo morne plaine, surtout dans cette gauche à qui l’on ne donne plus que ce qualificatif par paresse et qui se réduit de plus en plus à un chaudron de lâcheté et de ressentiment.
 
On ne va pas s’attarder sur la réaction lamentable d’Olivier Faure, qui déconsidère le PS, mais qui s’en soucie encore au fond ? 
 
Non ce qui est inquiétant pour la gauche est cette haine proprement démentielle qu’elle nourrit pour celui qui pourtant a sauvé son honneur. Car sans Manuel Valls, qui a porté haut la République, la laïcité, la lutte contre le voile ? Qui a eu le courage d’affronter Dieudonné ? De parler d’islamisme ? Et de le faire alors qu’il se faisait tirer dans le dos par le President de la République (ancien et actuel), par son équipe gouvernementale et par son propre parti.
 
Alors on peut toujours penser qu’il eut pu faire plus, mieux, mais tandis que la gauche fait semblant de ne pas voir la haine raciale qui monte, l’explosion d’un nouvel antisémitisme, le poids de l’islamisme dans le monde musulman et que le Monde fait des procès à un père qui ne se remet pas d’avoir perdu son enfant au Bataclan, on se dit que l’on perd une voix importante, capable d’exercer le pouvoir et de tenir ses convictions alors même que sa propre famille politique lui demandait de les renier, parce qu’il lui rappelle ce qu’elle eut dû être.
 
Si Jean-Luc Mélenchon veut faite le ménage qu’il nous débarrasse des alliés des indigènes de la République et des camarades de Marwan Muhammad et Tariq Ramadan, les Obono, Autain et consorts. Le jour où il aura viré les communautaristes des postes de responsabilité, on pourra plus croire à des convictions républicaines que dans les faits il défend mollement quand il ne s’en lave pas les mains.
 
Que face à ce déferlement de haine recuite et de bêtise satisfaite, Manuel Valls ait choisi de partir continuer son et notre combat à Barcelone n’est pas insensé. L’Espagne est menacée de partition et chez elle les alliances entre extrême-gauche de type indigéniste, indépendantistes et islamistes sont plus avancées que chez nous. Il ne déserte pas, il part combattre sur un front plus ardent. Ce combat qui a du sens pour lui l’a régénéré et il a littéralement rajeuni.
 
Je lui souhaite le meilleur car j’ai du respect pour le courage du politique et la dignité dont il a su faire preuve.