« Il faut refonder notre monde commun, lui donner un contenu. »

Mes voeux pour 2018

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Ce que j’aime dans les vœux de nouvel an, c’est qu’ils donnent une seconde chance : recontacter l’ami qu’on avait délaissé, le parent qui s’est éloigné, la connaissance perdue de vue mais dont on se souvient, le collègue si sympa dont on aimerait savoir ce qu’il est devenu… Ce que j’aime dans les vœux c’est cette occasion de retisser la trame de ceux qui nous entourent, de renouer les fils. C’est le bon côté des conventions sociales quand elles nous incitent à nous retrouver tout en nous laissant le choix de se saisir ou non de cette possibilité.

J’aime moins le côté bilan/objectifs, peut être parce qu’on a toujours le sentiment que l’on aurait pu faire mieux, que la tâche à accomplir reste immense et que parfois le rocher à hisser paraît déterminé à prendre sa revanche et à nous rouler dessus ! Il est souvent difficile d’imaginer Sisyphe heureux, n’en déplaise à mon si cher Camus.

Et pourtant, 2018 nous fait un joli cadeau en lever de rideau : cette belle image d’iraniennes arrachant leurs foulards, ces cheveux lâchés comme métaphore de la liberté des femmes et symbole de leur dignité retrouvée. C’est d’autant plus beau que c’est tout un peuple qui secoue le joug d’un régime islamiste violent et obscurantiste. Quand on sait à quel degré de violence et de cruauté peuvent aller des fous persuadés que c’est un Dieu qui légitime leurs actes, on mesure le courage de cette société en train de se relever.

Alors c’est avec cette image d’une femme debout, libre et fière que j’avais envie de vous souhaiter une belle année 2018. Que ce voile qu’elle arrache et qu’elle brandit devienne comme sur cette image un drapeau blanc qui appelle la paix. Même si celle-ci n’est réelle qu’au prix de la conscience, du courage et de la lutte. La paix ne se donne pas, elle se gagne et se mérite quand on tient à faire son métier d’être humain.
La paix qu’apporte la soumission, cette tranquillité du renoncement à être est une trahison de sa propre humanité. On la paye du sacrifice de son âme, du sens de sa vie et du respect de soi, elle n’apporte qu’aigreur et rigidité et rend insignifiant un parcours de vie qui eût du être unique.

Alors que cette femme soit une inspiration et que le souffle né d’un geste si simple nous rappelle que nous sommes nés pour nous tenir debout, visage nu et regards francs. Alors qu’avec elle et tous ceux qui se battent pour un monde plus libre, 2018 soit une année où l’on rallume les lumières plutôt que de maudire l’obscurité !